dimanche 29 novembre 2009
du velours dans les mains
Où sont donc passés les deux côtés- devant, le dos, les manches, le col de ce corsage en velours façonné?
Décousus, éparpillés, réutilisés peut-être?
Il n'en reste que ce devant boutonné, agrafé et doublé.
Les bords du velours et de la doublure de satinette rayée ( et dont le verso est noir - cela n'existe plus je pense! ) furent réunis avec un ruban d'extra-fort avant d'être ajustés aux côtés. Les fils de couture sont encore visibles; tout, y compris les boutonnières, a été confectionné à la main. Une toile de coton consolide le velours à l'intérieur. Les agrafes sont fixées sur une tresse rouge pour plus de solidité...L'ensemble reste pourtant léger et souple. Dommage qu'un si beau travail ait été démantelé.
Je ne me lasse pas de le regarder, sous toutes les coutures...et ça me donne toujours une envie furieuse de coudre...
samedi 28 novembre 2009
le fil invisible
Cet été j'ai découvert Rick Bass, un auteur américain qui vit au Montana.
J'avoue rester totalement indifférente à certains de ses écrits, racontant les errances d'américains largués qui roulent des jours entiers dans des camionnettes américaines déglinguées sur des routes américaines interminables, et dormant dans des motels américains glauques.
Mais par contre je suis très sensible à ses autres textes, ceux dans lesquels il évoque la nature et les grands espaces demeurés sauvages du nord-ouest américain ( ces montagnes rocheuses dont il sous-entend parfois qu'en leurs confins les plus reculés elles sont inexplorées ) à la limite desquelles il vit avec d'autres qui ont choisi une existence rude, mais intense; et ses récits témoignent de la magie puissante qui peut s'installer lorsque nature et humains sont proches voire fusionnels.
J'ai apprécié sans mesure " Le ciel, les étoiles et le monde sauvage": des souvenirs d'enfance dans une maison de famille isolée en pleine nature. En voici un passage...
"Les gorge-bleue voletaient aussi, en nous regardant travailler. La couleur de leur gorge était exactement la même que celle du ciel bleu qu'ils avaient traversé pour arriver jusqu 'ici. Ils gazouillaient, bourdonnaient tout autour de nous et quand je dis que je me sens inattaquable, c'est un sentiment semblable à celui que j'ai éprouvé ce jour-là, cette idée que les colibris tenaient des fils invisibles dans leur long bec en forme d'aiguille et qu'à force de voler sans cesse autour de nous ils nous cousaient ma mère et moi, ma famille et moi, dans l'écheveau invisible et soyeux de la grâce, de plus en plus serré, jusqu'à ce que notre histoire - notre passé soit à jamais protégé."
"Le ciel, les étoiles et le monde sauvage", nouvelles de Rick Bass chez Christian Bourgois éditeur.
jeudi 26 novembre 2009
jupons et crinolines du fond des mers
Il y a quelques années, j'ai passé de merveilleux moments sur une petite plage près d'Arcachon, à jouer dans l'eau avec une étrange créature incroyablement gracieuse...je m'en souviendrai toujours...je ne savais pas ce que c'était à l'époque.
Une limace de mer.
D'une quinzaine de centimètres de long, d'un noir profond sur le dessus, elle dévoilait au rythme de sa danse le dessous de son corps, des "jupons à volants" aux couleurs hallucinantes! rose, orangé, pourpre...dans les hauts-fonds sableux
c'était une présence féerique!
Ses mouvements étaient d'une grâce à couper le souffle, dont évidemment les photographies ne peuvent donner aucune idée; je rêve de me régaler d'un reportage sur ces "nudibranches", c'est le nom scientifique.
Les scientifiques, justement, expliquent que les couleurs flashy dont elles sont parées informent leurs prédateurs qu'elles sont vénéneuses, il paraît même qu'elles sont très voraces. C'est sûr, ce sont des limaces...
Pourtant je veux juste vous faire découvrir quelques-unes de ces beautés ambulantes, et vous avouer qu'elles sont pour moi une source d'inspiration infinie...il en existe des milliers de variétés...toutes plus belles les unes que les autres! je me souviens d'avoir dessiné des pages de bijoux inspirés par elles.
J'aimerais vous les montrer toutes! plein de photos dans ce livre,
"Atlas mondial des Nudibranches" de Debelius et Kuiter chez Ulmer
dimanche 22 novembre 2009
discrétion assurée
Bouts de rien, ce sont eux qui, sans hésitation aucune, m'intéressent le plus; presque toujours utilisés à l'intérieur, on ne les voit pas mais ils constituent le squelette de mon travail, comme ils le constituaient dans les vêtements autrefois.
Parfois j'insiste pour qu'ils acceptent de passer sur le dessus, alors bon gré mal gré, ils apparaissent, offrant leur humilité à la vue de tous, enfin de tous ceux qui veulent bien les voir!
Sans cesse je reviens à eux, pour moi ils sont les plus riches, les plus expressifs, chargés de sens et de la puissance de ce qu'ils évoquent: solidité, invisible structure éternelle.
vendredi 20 novembre 2009
comment vient de naître la boutique du Curieux petit lieu
Le coin de faubourg où je vis maintenant est vraiment agréable. Je vous en ai déjà parlé: je marche quelques minutes et me retrouve à la campagne. Un chemin encaissé entre les haies vives, des prés secrets enclos, des vergers aux fruits abondants...c'est enchanteur.
J'ai aussi découvert un jour une curieuse personne. Je ne saurais dire où elle habite exactement car, chaque fois que je lui rends visite, ce n'est pas tout-à-fait au même endroit, comme si le désir de la voir provoquait la rencontre, où que j'aille; étrangement, la maison elle-même est différente à chaque fois...selon l'heure de la journée, le temps qu'il fait ou l'humeur de son habitante.
Elle m'attend toujours sur le pas de sa porte. Elle a cent ans peut-être, ou plus encore, mais ses yeux perçants voient tout, même ce qu'on ne peut voir. Elle n'a pas du tout l'air d'une sorcière, je vous rassure.
Elle m'invite à entrer, et me montre chaque fois des choses qu'elle a préparées, et qu'elle souhaite me voir emmener: des parures, des ornements, pour les femmes et les jeunes filles car, dit-elle,
" j'ai été jeune et belle, j'aimais choisir des atours délicats pour me vêtir...maintenant, je les invente pour elles."
Elle s'appelle Marguerite.
Nous nous sommes donc organisées pour que je propose sur le "Curieux petit lieu" ce qu'elle crée dans sa cabane tranquille. Enfin, quand je dis cabane...je la trouve parfois dans un château, ou bien un palais immense, ou une tente des steppes...je ne sais jamais, avec elle!
illustrations
"Le génie des cabanes" ( Marie-France Boyer, Thames/Hudson).
"Maisons de l'imaginaire" ( Hervé Ronné, ed. Ouest France).
"Nocturnal Spires" (Edmond Dulac)
jeudi 19 novembre 2009
jolies têtes
Voici les deux premiers objets que Marguerite m'a confiés; je les ai photographiés du mieux que j'ai pu, j'espère que cela vous conviendra.
Deux "serre-tête"" comme on disait quand j'étais petite - cela dit, je ne sais pas comment les appeler autrement - faits avec de beaux matériaux plus ou moins anciens, pour parer vos jolies chevelures et coiffures de fêtes!
- le premier, rose, orné d'une fleur de soie parme, velours bleu, mousseline effilochée de soie verte, est à
20 euros ( port compris)
- le second, tout en nuances de blancs, dentelles, tulle, perles cristallines à facettes, mousseline de soie, pistils anciens, conviendrait à une mariée, mais une fée ou une princesse peuvent se le poser aussi dans les
cheveux! on les reconnaîtra tout de suite...
...il est à 30 euros ( port compris)
Je rendrai bientôt visite à Marguerite, qui aura sûrement créé de nouvelles merveilles!
vendredi 13 novembre 2009
des fées et des gâteaux
De belles mises en scène photographiées par Bernhard Winkelmann et réalisées par Philippe Model; Peau d' Ane, Tom Pouce, Boucle d' Or, La Belle et la Bête...la maison en pain d'épice, les doigts de fée...les contes sont dans ce livre prétextes à des recettes de Christine Ferber, un peu complexes mais tout-à-fait réalisables et aux délicieux résultats!
Prétextes aussi à de merveilleuses images qui sont autant de gourmandises pour les yeux! et pour moi décidémént cette nourriture-là est des plus indispensables...
"La cuisine des fées" Gilles et Laurence Laurendon, ed. du Chêne
jeudi 12 novembre 2009
plantes fantômes
Un cahier dans lequel furent humblement scotchées les feuilles qui poussaient dans l'environnement d'un herboriste passionné.
Il ne nous reste que l'ombre de ces végétaux, transfigurés au-delà de la fragilité, pour certains réduits en poussière ou à leur plus simple expression de tige nue...
Chaque fois que j'entre avec délicatesse entre les pages -fanées elles aussi- je ne peux m'empêcher de penser que j'accélère le processus de disparition, car à chaque fois quelque morceau séché se détache et glisse...
Pied d'alouette, reine des prés, platane, ortie, sauge, beaucoup ne sont pas légendées, toutes sont fanées, fanées, fanées...
mercredi 11 novembre 2009
la sicilienne
Au tout début des années 90, Dolce & Gabbana avait choisi Isabella Rossellini pour représenter sa collection . A l'époque j'aimais énormément leurs créations, il m'en reste quelques-unes...usées jusqu'à la trame...j'avais beaucoup aimé ces photos de Steven Meisel où elle joue le rôle d'une sicilienne à fleur de peau, sensuelle et passionnée. Beaucoup de noir, blanc, bleus et gris, mousselines et crêpes de soie, maille, popeline et lycra, imprimés années 40, maillots gainants (c'était très nouveau!), collants opaques.
Je travaillais chez Kashiyama, boulevard st germain, j'y découvrais - et portais parfois! - Roméo Gigli le sublime, Gianfranco Ferré, Sybilla la poétesse...- qu'est devenue Sybilla?
J'y ai appris les très beaux vêtements, les très belles matières, les créateurs de talent, bien mieux qu'à l'école de mode.
mardi 10 novembre 2009
thé USB
Déjà que c'est ch... de constituer un dossier hyper-urgent, si en plus la clé usb sur laquelle j'ai entreposé toutes mes photos, CV, textes, etc, décide de ne plus rien me restituer, je vais piquer ma crise!
ou alors me faire un thé de Noël divin, avec des petits moëlleux aux pépites de chocolat et Lili La Chatte sur les genoux, et une virée au hasard des blogs, quand même c'est plus raisonnable que de péter les plombs même si ma clé fait toujours la g...et que ça ne fait pas pour autant avancer mon dossier hyper-urgent.
allez, une deuxième théière...










































































