"...(...)Angelo eut une envie irrésistible de revoir ce beau grenier blond, translucide, gardant de vieilles étoffes, des crosses de bois poli, des ferrures en forme de fleurs de lys, des ombrelles, des jupes sur des corps d'osier, de vieilles capelines de taffetas moiré, des reliures, des ventres de meubles, des guirlandes de nacre, des bouquets de fleurs d'oranger, des objets de la vie élégante et facile endormis dans du miel. Les corsages, les robes, les guimpes, les coiffes, les gants, les redingotes, les carricks, les hauts de forme, les cravaches de trois générations, pendus à des clous, tapissaient les murs. De minuscules souliers à talons hauts, en satin, en cuir, en velours, des mules à pompoms de soie,des bottes de chasse étaient posés sur des meubles bas, non pas dans l'alignement ridicule de chaussures rangées,mais comme si le pied venait de les quitter; mieux, comme si le pied d'ombre les chaussait encore; comme si les corps d'ombre pesaient encore pour si peu que ce soit (...)"

ça, c'est dans le roman de Giono,que je suis en train de lire, lorsque Angelo découvre, passant par les toits, le grenier de la maison de Pauline, comme un refuge. Dans le film j'aime la scène où ils se rencontrent au premier étage, la lumière étrange de ce moment, la brume intérieure dans laquelle sont plongées les pièces de la maison et les personnages. J'aime aussi la maison finale, même lumière, mêmes dentelles enveloppantes...vous l'aurez compris, ces maisons un peu à l'abandon, mystérieuses, ces costumes fanés me parlent, encore et toujours...

 Le film est loin d'être récent; mais c'est, parmi d'autres, ce que je regarde lorsque je couds, les heures passent dans un rêve, les images m'inspirent et les points s'alignent.


Le Hussard sur le toit - Bande annonce FR