jeudi 24 mai 2012

tôles et chandeliers

premier dîner dans notre hangar d'artistes!

c'était il y a deux semaines, il faisait un peu froid.

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voici le décor de table avant que les invités n'arrivent, avant même que les bougies ne soient allumées, (car ici on dîne aux chandelles) sur fond de tôles et parpaings: maintenant, l'atelier c'est ça, un grand espace un peu brut et déjà bien rempli.

 

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samedi 28 avril 2012

les maisons du hussard

"...(...)Angelo eut une envie irrésistible de revoir ce beau grenier blond, translucide, gardant de vieilles étoffes, des crosses de bois poli, des ferrures en forme de fleurs de lys, des ombrelles, des jupes sur des corps d'osier, de vieilles capelines de taffetas moiré, des reliures, des ventres de meubles, des guirlandes de nacre, des bouquets de fleurs d'oranger, des objets de la vie élégante et facile endormis dans du miel. Les corsages, les robes, les guimpes, les coiffes, les gants, les redingotes, les carricks, les hauts de forme, les cravaches de trois générations, pendus à des clous, tapissaient les murs. De minuscules souliers à talons hauts, en satin, en cuir, en velours, des mules à pompoms de soie,des bottes de chasse étaient posés sur des meubles bas, non pas dans l'alignement ridicule de chaussures rangées,mais comme si le pied venait de les quitter; mieux, comme si le pied d'ombre les chaussait encore; comme si les corps d'ombre pesaient encore pour si peu que ce soit (...)"

ça, c'est dans le roman de Giono,que je suis en train de lire, lorsque Angelo découvre, passant par les toits, le grenier de la maison de Pauline, comme un refuge. Dans le film j'aime la scène où ils se rencontrent au premier étage, la lumière étrange de ce moment, la brume intérieure dans laquelle sont plongées les pièces de la maison et les personnages. J'aime aussi la maison finale, même lumière, mêmes dentelles enveloppantes...vous l'aurez compris, ces maisons un peu à l'abandon, mystérieuses, ces costumes fanés me parlent, encore et toujours...

 Le film est loin d'être récent; mais c'est, parmi d'autres, ce que je regarde lorsque je couds, les heures passent dans un rêve, les images m'inspirent et les points s'alignent.


Le Hussard sur le toit - Bande annonce FR

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mercredi 28 mars 2012

jeune enfant n°1

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- tu la veux comment, ta robe?

- dans un tissu tout fin avec des manches longues; et le bas, jusque là. Et avec un petit col, et des poches, et un noeud dans les cheveux.

- oui. Bouge pas, je mesure.

Cette fille-là, c'est une sauvageonne, toujours en train de courir à droite à gauche dans les collines. sauf quand il s'agit de robes. Alors là, elle devient très calme. Et elle sait ce qu'elle veut; pas d'hésitation, pas de caprice. Comme ci, comme ça, puis on n'en parle plus. Elle l'a déjà dans la tête depuis longtemps. Ensuite elle repart, enfant des bosquets et des talus.

De toute façon quoiqu'il arrive elle porte ses gri-gris, ses colliers magiques et fibules protectrices.

 

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mardi 6 mars 2012

doux rivages très loin

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Bien difficile en ce moment...je choisis une ancienne photo de cette installation que j'avais faite à Etoc Demazy en septembre pour illustrer l'enfermement dans lequel se trouve mon besoin de peindre. C'est exactement ça, une fenêtre encore fermée avec la lumière derrière. Des barreaux à moitié effacés. Tout-à-fait ça que je ressens.

L'inspiration est là, la puissance à l'intérieur, les images qui sont construites déjà; mais le mouvement, la façon, le geste, restent encore dedans; j'avais eu un premier chapitre il y a quelques jours, mais finalement ça ne ressemble pas  à ce que je voulais dire, enfin pas complètement, c'est un peu infidèle, alors je veux recommencer. Mais je tourne en rond, insatisfaite, affamée, frustrée.

Comment le dire? ce que je fais actuellement et qui passe directement à la poubelle est-il l'enveloppe, la peau, l'épluchure? vais-je trouver dedans, dessous, le fruit mûr? est-il mûr, déjà? ou pas, ou trop?

J'essaie de ne pas me poser de questions, d'aller peindre tout simplement, mais je ne peux m'en empêcher, ça me parait si long.

Je pourrais décider de garder ce que je fais actuellement, m'arrêter à ce qui sort et dire que c'est bien; mais je veux être honnête et sincère, il n'y a que ça qui m'intéresse maintenant, alors il faut bien continuer : j'ai l'impression que je nage dans le courant et n'arrive pas à aborder un rivage hospitalier, celui que je cherche. Parfois une petite crique tentante, mais non, c'est pas celle-là...allez, je nage encore...

Voyez, c'est pas les images qui me manquent pour raconter, ça au moins ça va...!

 

 

 

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samedi 18 février 2012

au-dessus de l'évier

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J'y passe combien de temps, devant cet endroit où s'accumulent:

un citron séché

des vieux couverts en argent

un mortier creusé à même un tronc d'arbre

la photo d'une enfant inconnue datée "juillet 1946"

quatre petites bouteilles pareilles

l'image du merle près de son nid

le tabouret pliant en bois

...?

Beaucoup, beaucoup de minutes qui elles aussi s'accumulent au fil des jours, des semaines, des mois.

C'est pour ça que ces objets sont là, et voilà leur utilité: distraire mon regard, arranger ce que je vois avec ce qu'il y a au fond de moi, avec ce que j'aime, pour faire passer la pilule du quotidien.

Les objets à l'utilité plus terre-à-terre, ils sont là aussi, certains arrivent même à se tracer un sentier de poésie.

Et bien sûr, ça aide à transformer les jours.

 

 

 

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lundi 13 février 2012

confidences

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Je me suis toujours sentie profondément inadaptée au monde.

Enfant, je ne comprenais pas. Je regardais avec étonnement, je me souviens que je me disais souvent "ça, ça ne va pas", "cela ne devrait pas se passer comme ça". J'acceptais sans colère ni rebellion, mais avec un questionnement perpétuel, en observatrice perplexe.

En grandissant oui, la rebellion a fait surface, le sentiment d'inadéquation avec le monde encore plus, prenant la direction qui m'a sans doute sauvée, celle de la recherche créative, de l'art. Je ressentais le besoin impérieux de refaire les choses à ma façon, d'exprimer quelque chose de profond: on n'est pas obligés de suivre tous la même direction.

N'en déplaise à ceux qui pensent que quand on est artiste, on se fait plaisir, c'était douloureux sept minutes sur dix. Mais indispensable pour garder la tête hors de l'eau.

C'était ma méthode en tout cas. Elle m'a permis de tenir le coup, et pourtant le sentiment d'inadaptation était toujours là, qui poussait derrière. J'en ai ressenti une grande culpabilité, longtemps, car "on"me  faisait régulièrement remarquer que je ne vivais pas "comme il faut".

C'est vrai que je faisais rarement les choses comme il est implicitement demandé de faire. Mes priorités n'ont jamais été celles qu'il est conseillé de se créer. Mes opinions étaient souvent si différentes des opinions courantes que j'ai appris à ne pas les prononcer.

Vous vous demandez où je veux en venir?

C'est que maintenant, je commence à être plus à l'aise. Je vois la face du monde et me dis avec un peu d'effroi que finalement, il vaut mieux ne pas être trop en adéquation avec tout cela. Je suis égoïstement rassurée parce qu'enfin, tout en maintenant mon propre cap, sans avoir capitulé (ça m'aurait été impossible de toute façon), je me retrouve là où il vaut mieux être, puisque par la force des choses on commence à remettre profondément en question les fondations mêmes des façons de vivre communément acceptées. Puisque toutes ces choses qui ne me convenaient pas s'écroulent de l'intérieur! Je me rends compte que oui, j'avais raison de suivre ce mouvement-là, même dans la solitude, même à conntre-courant, même si ça faisait mal.  Et tout ce que j'ai vécu plus ou moins douloureusement, d'une manière instinctive, devient expérience, potentiellement à partager.

Et je dis tout ça parce que je pense que beaucoup ont vécu, vivent ce genre de vie, j'en suis sûre, de façon plus ou moins aigûe

Quand on est dedans on patine dans la semoule, on se décourage, on vit des moments difficiles, voire pire.

Alors gardez le cap, tenez bon, on est sur la bonne voie MALGRE LES APPARENCES. Le monde se recrée, NOUS construisons souterrainement autre chose, totalement en adéquation avec notre coeur et ce que nous sommes profondément; nous ne sommes pas des pions insignifiants, des petites choses impuissantes. Nous sommes des créateurs qui utilisons nos talents, et pas seulement artistiques; nos talents d'âme, d'esprit, et c'est L'AMOUR de la vie au fond de nous qui crée ce qui naît sur les cendres.

 ola! c'est un peu pompeux...mais enfin c'est dit, c'est sincère, et ça fait du bien!

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lundi 6 février 2012

il fait si chaud...

Voilà ce que j'ai envie de regarder quand dehors la neige s'éternise, qu'il faut monter le chauffage et se vêtir de cinq ou six épaisseurs plus ou moins collantes.

Bon d'accord, ça a été tourné en studio et en région parisienne, mais ça reste du cinéma: on y croit! si, si.

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jeudi 17 novembre 2011

le deuxième grenier

 

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Et voilà, Yvr'Art c'est remballé, un beau week-end...

J'avais deux petites pièces, et dans l'une d'elles j'ai inventé un grenier.

J'aime plus que tout réaliser ce genre d'installation. C'est une mise en scène qui plonge le spectateur dans une ambiance particulière, où objets, tableaux, textiles participent tous à exprimer une atmosphère spéciale. Sans compter le lieu et sa lumière. Je ne peux me contenter d'accrocher les toiles aux cimaises sur des murs blancs, ça c'est certain!

Et d'après les réactions durant tout le WE, ça fonctionne!

 

 

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mercredi 9 novembre 2011

inspiration d'automne

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Et voici deux compositions, ça a été plus fort que moi, c'est venu tout seul en passant devant, je n'ai pas résisté; un fond de velours passé pour le squelette d'oursin et les fleurs de tissu amidonné, des clés rouillées sur la broderie chinoise...quel plaisir! du coup c'est comme une porte réouverte soudainement - et en grand - l'envie de me replonger les yeux grands ouverts dans le raffinement de l'ancien dont je me suis entourée, les belles choses délicates qui ne demandent qu'à se marier entre elles, les découvertes magiques dans les boites entassées...

Durera, durera pas? je souhaite en tout cas réussir, cet hiver, à concilier toutes mes activités et en rajouter un peu, selon les projets en cours d'évolution...dormir quelques heures de moins, peut-être?

 

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jeudi 8 septembre 2011

l'enfant intérieur: installation

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Mon travail sur le thème de "l'enfant intérieur":

un aperçu de ce que les visiteurs des Journées du Patrimoine pourront découvrir au parloir des cellules d'isolement de l'hôpital Etoc Demazy, les 17 et 18 septembre prochains. Avec beaucoup d'autres installations d'artistes, disséminées dans cet endroit immense.

 

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